Un semaine au Cap Vert pour TTK et Nicolas
(texte de Nicolas)
A l'initiative de TTK, on s'est donc retrouvés à 4 à Orly
ce 21/01/05 au départ pour le Cap Vert :
TTK & son pote toulousain Yann, et votre serviteur accompagné de
Fred, celui qui m'a filé le virus...
On a retrouvé sur place quelques français, dont Mamie, qui contribue
sur Directwind, et qui connaît le Cap Vert à fond, pour y avoir
séjourné une dizaine de fois.
L'archipel du Cap Vert est situé sous les tropiques à
500 Km des côtes sénégalo-mauritaniennes, à peu près
à la latitude des Antilles. Il se compose de 2 séries d'îles
: Barlovento (au vent) et Sotavento (sous le vent).
Sal & Boa Vista, les principales destinations windsurf, font partie des
îles au vent.
C'est à environ 6h de vol de Paris, et à 2 heures de décalages
horaire (en hiver). On a voyagé sur Air Luxor via Lisbonne, vol affrété
par un TO portugais. On atterrit à l'aéroport international Amilcar
Cabral sur l'île de Sal.
Coté climat, il fait bon toute l'année ; les températures
oscillent entre 20 et 30 degrés, l'eau entre 22 et 25 degrés ;
quand le vent souffle, on supporte le shorty dans la journée et la petite
laine le soir.
Il y 2 saisons : sèche de novembre à juin, humide de juillet à
octobre. Le soleil cogne très fort et l'écran total est introuvable
à Sal ; soyez prévoyant !
Coté vent, janvier février est sensé être la saison
où les alizés de Nord-Est sont les plus forts ; dans la pratique,
on n'aura pas été trop gâté par Eole cette fois ci...
L'île de Sal est une île toute plate, aride et désertique,
balayée par le vent. Elle tient son nom de la production de sel à
l'époque où le Cap Vert était colonie portugaise. Aujourd'hui
il n'y a rien d'autre à voir/faire sur l'île, qui vit du tourisme
et de l'activité générée par l'aéroport,
hormis la visite des salines désaffectées de Pedra de Lume, installées
dans un cratère de volcan éteint à l'Est d'Espargos.
Pour les sports nautiques, tout se passe à Santa Maria et environs ;
de nombreux hôtels et clubs de location de planche se sont installés
le long de la baie. La partie Ouest de la baie est réservée aux
touristes, la partie Est est d'ambiance plus typique, voire "roots",
avec son petit centre ville typique habité par les locaux et les sénégalais
venus du continent vendre leur artisanat.
Hébergement :
Alors que TTK & Yann se prélassaient dans leur *** de bourgeois,
Fred et moi-même étions hébergés à l'hôtel
Da Luz **, vraisemblablement un des plus anciennes pensions de l'île,
située à l'Est du centre ville, à 300m du spot. Très
défraîchie, le séjour a commencé par une nuit glauque
dans une piaule insalubre ; heureusement nous avons négocier le changement
de chambre et gagné en confort, mais sans plus. Petit déjeuner
correct.
Coté restauration, au delà des squats à touristes, on trouve
pas mal de restos d'ambiance authentique ; on y mange partout la même
chose, sur un rythme capverdien (parisiens stressés, fuyez), éventuellement
accompagné par les arpèges lancinants de la musique locale (saudade...)
:
Poisson grillé, steak de thon et cachupa ; la langouste est toujours
au menu.
Le spot est sur la pointe Est de la baie de Santa Maria ; c'est une
sorte de lagon sur des hauts fonds sablonneux ; avec quelques cailloux sur le
fond, qui lèvent parait-il un bon shorebreak quand les conditions sont
là. Il bénéficie d'une localisation idéale pour
le vent de Nord-Est, qui souffle side-off shore avec peu de perturbation de
la terre. Le spot est assez plat, pour ce qu'on en a vu, mais on peut rencontrer
une bonne houle au large.
Il y a 3 clubs de planche sur place : Planet Windsurfing en face de l'hôtel
Leme Bedge, Fun System et Angulo en bas de l'hôtel Albatros/Aeroflot.
Planet Windsurfing est équipé Fanatic/North, matériel en
état moyen. Fun System en JP/Neilpryde, matos nickel. Le club Angulo
vient de s'installer et ne travaille pas avec les tour-operators, du joli matériel.
LE spot de vague du coin est Ponta Preta, situé sur la cote ouest ;
c'est le fief de Josh Angulo, qui s'est définitivement installé
à Sal. Spot impitoyable pour les profanes si l'on en juge par l'imposant
cimetière de matos situé à l'orée du spot. Nous
l'avons vu fonctionner un jour de pétole avec de bonnes séries
de vagues de 3m ; une douzaine de surfers à l'eau.
Conditions :
N'en déplaise aux climatologues, nous avons eu une semaine qu'on peut
probablement qualifier de pétolesque. La semaine précédente
avait même été marquée par 3 jours de pluie diluviennes
en pleine saison sèche, rendant le
paysage boueux et l'atmosphère humide.
Cela dit, et malgré les démentis des locaux, il semble rare d'avoir
plus de 5 beaufort au Cap Vert ; en effet, les centres de planches sont équipés
en grandes toiles, de 5.8 à 7.5 pour l'essentiel.
D'ailleurs pour ce qu'on en a vu, les locaux sortent plutôt avec des voiles
étonnamment petites, dans des conditions de vagues assez consistantes,
et naviguent tout en finesse sur les appuis. Impressionnant.
Au bilan, environ 2 jours de vent à 15 noeuds où nous
avons pu naviguer à
bloc avec des voiles de 6.2-6.5, le reste du temps on s'est fait les bras avec
des grosses planches et grosses toiles, après la foire d'empoigne au
matos le matin, à qui emportera les quelques 7.5 disponibles sur le râtelier
pour planer 300m dans la journée...
Et une fin de séjour où le vent a daigné se lever vers
16h pour nous permettre de nous tirer la bourre en 7 mètres avant de
prendre l'avion...
Mais bon, même dans ces conditions, ça reste très sympa,
au moment où Nice est sous la neige, de naviguer en plein mois de janvier
sur de l'eau turquoise au milieu des poissons volants, et de finir la journée
en regardant le soleil se coucher depuis la plage, un verre de Ricard à
la main, avant d'aller se taper une langouste au resto...